248. Lenteur De Notre-Dame-De-La-Douleur

Cet homme hors de ma chambre, il a franchi les lignes de démarcation du temps et le voilà à Byble, moi à peine sorti de ma campagne, encore ensanglanté des avancées noctures et des attaques-surprises, l’odeur de l’incendie toujours, cette noirceur de la peau qui ne partait pas, couché dans mon lit dans l’obscur, les genoux relevés sous la couverture, la tenue à damier ouverte dans le dos, et le froid, la neige qui claque à la fenêtre comme une varicelle, la télé aphone qui gémit sur son socle, illumine ma ténèbre d’un aplat mouvant.

Les ombres bougent dans les couloirs ; bientôt, elles retourneront chez elles, amputées ou guéries, retourneront vers la mort lente. Moi je reste ici, fossilisé dans la compagnie des murs creux. Et de cet homme, là dehors. Sa silhouette grandit sur la porte de verre dépoli. Elle part du sol, son ombre portée, grimpe à toute vitesse jusqu’à ce que son vrai contour s’y superpose. Son regard perce la pellicule de sable, il me cherche.

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