240. Glass Et Le Fantôme Félin De La Fille En Noir

Glass claque la porte de sa chambre, emprunte l’escalier qui descend puis, se ravisant, opère un militaire demi-tour et monte jusqu’au toit. De là, la vue imprenable sur rien, le brouillard et la nuit. « Comme un promeneur solitaire au sommet de la montagne », se dit-il. Sauf qu’il n’est pas seul, que la montagne est en béton même pas armé, et que ses poches à lui aussi sont vides. Qu’opposer à ces deux yeux vides qui scintillent au bord du vide ? « Approche. »

La voix lui rappelle quelque chose, un goût métallique, une table ronde qui pue la sueur plus chère que l’alcool, des chaises en bois, un long miroir derrière le comptoir, des habitués surtout, et cette fille face à lui qui hurle à l’intérieur. « Approche, tu ne risques rien à faire le premier pas. »

C’est ce qu’on dit, qu’il pense, avant de marcher lentement. Un écho parcourt l’univers du vent, une silhouette qui marche sur le tonnerre, la vieille arcane du pendu retourné comme un Pierre aux regards d’énucléé, la main dans la clarté difforme. Glass a des envies de branlette soudain, de perte de soi, de jouissance dans l’éparpillement sous forme de gouttelettes, la nuit la plus longue, les couteaux qui se dressent et s’enchâssent dans la chair. « Tu sais ce qu’il te faut. Je sais ce que tu sais. »

Le chat qui jappe dans le noir perd la boule et saute dans le vide, au moment précis où Glass est à portée de griffes.

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