232. Le Waldorf Astoria Du Diable (6/7)

L’Astoria gagnait du poids. Grossissait comme un œdème. Sa cataracte effondrait les immeubles voisins, voilait le soleil d’opale, redéfinissait les couleurs, les apprentissages des tons, la balance des lumières, les contrastes, le simple fractionnement des spectres.

Il fonctionnait selon des gammes propres. Des fils de cuivre tendus de chambre à chambre, radio dans le mur, eau chaude à tous les étages, et la promiscuité, et la dégénérescence des peaux brunes, et la douce candeur des silos à grains. Leur chaleur dans les rues, eux qui s’effacent comme la vie dans une trousse de manucure, qui repassent latents dans la liste des choses à faire. Qui perdent deux ou trois points en Bourse, pour remonter quand on ne s’y attend plus. Qui ramènent des hautbois de Guinée-Bissau, des harmonicas d’Oulan-Bator, une peau de bête des sous-sols de Mayence. Des fils de cuivre, oui. Mais de ceux qui brûlent les visages quand l’impatience s’y imprime. Ou que la culpabilité y fait son nid.

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