228. Le Cinquième Satyre De La Colère-Serpent

J’ai habité dans un œil. Ma dernière mémoire vampire, greffée sans rejet, fixée au plafond, muscles atrophiés signifiaient spectacle permanent, l’immobile musée d’ombres chinoises, les discours préenregistrés de l’activité humaine, tout autour de moi, figé dans l’espace d’un lit sous la couverture, tubes pour nourrir et évacuer, prendre le relais, magnifier l’interne.

Dans mon corps vitré, mes os de verre, tout se déformait, bombé comme une mouche, en constant dévissement. Une expédition dans mon crâne, convaincu de vivre à l’intérieur d’une sphère, braquant ses canons d’orgone vers le haut en espérant un ricochet vers les rangs ennemis. Cruelle déception, pelotons d’exécution, j’ai perdu nombre de mes meilleurs scientifiques dans l’opération.

J’ai habité un œil, mais la greffe n’a pas pris, et me voilà, dans ma blouse d’hôpital, à hanter les couloirs de Notre-Dame-De-La-Douleur.

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