183. La Seconde Incarnation De Glass

Suspendu aux menottes, le Rouquin se masse mentalement les poignets. Ca sent le roussi, se dit-il. Ca sent la braise et le feu de camp moite à l’aurore.

– Tu ne crois pas si bien dire, mon chou.

– Quoi ?

– Détends-toi.

– Facile à dire. Qui parle ?

L’homme barbu se lève de sa chaise près de la fenêtre et s’approche de Glass, jusqu’à ce que les flammes, à l’autre bout de la pièce, parviennent à éclaire quelque peu son visage. Où Glass ne voit, même de si près, que de cavités de plomb pour les yeux et ce bas de visage prolongé en pointe. J’espère que c’est un barbe, pense-t-il. Merde, j’espère que ce n’est qu’une barbe.

– Tu veux jouer, mon chéri ? C’est ça, tu veux jouer ? Tu vas jouer.

– Attendez, il y a maldonne, là. Et de un, je ne suis pas ton chéri, mon grand.

Les puits oculaires paraissent s’éclairer. J’espère qu’il a juste bougé la tête, cogite-t-il. J’espère qu’il a juste bougé la tête et que le reflet du feu arrive aux pupilles.

– Et de deux, tu vas être gentil et me faire descendre de là, ça commence à mordre dans la viande et j’ai la peau qui marque.

– Ne te fais aucun souci, amour. Tu vas bien t’amuser.

L’homme barbu recule et sort du rayon d’action de la cheminée. Ses pupilles, pourtant, réfléchissent davantage encore la clarté jaune et sauvage.

– J’ai de nouveaux amis pour toi. Ils sont impatients de faire ta connaissance.

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