176. Wier Renifle L’Odeur D’un Souper A L’Echelle D’Une Cité

Sur la crête, les genoux dans le sable, Wier contemple son futur grand oeuvre. Dans ces artères, il voit déjà la gangrène. Ces quartiers qui tourneront à l’aigre. Ces tanières où le lion dort avec l’agneau, verront celui-ci égorgé par celui-là, et mis en pièces. L’homme aux cent mille démons souffle sa haine fétide. Une vague de stupeur à laquelle rien ne résiste. Et plus que tout, une maladie vénérienne qui s’attaque à la glande pinéale, déforme les ondes alpha du cerveau et dresse les morts contre les vivants dans ces attouchements qui composent son ordinaire. Wier renifle l’odeur du souper dans ces rues que rien, encore, ne vient troubler. Les mêmes images, les mêmes éternelles images animées se projettent déjà dans son cinéma intérieur. Il pourrait presque, désormais, après ces lustres d’activité sans relâche, se contenter de cela : le fantôme étale d’un passé toujours renouvelé. Le souvenir rétinien de son Mal quotidien. Il y manquerait le goût métallique sous sa langue. Surtout l’exquise douleur.

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