150. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Douzième Heure

La porte du corps ouverte, Chrome tombe nez à nez avec une douzaine de gardes armés jusqu’aux cheveux, et du lourd dans l’artillerie, à la limite du mortier – il y en a même un qui a une grosse bertha à la place du bras gauche. Autant dire que la fin de soirée commence mal pour le G-man en goguette. L’homme en black dégaine son arme réglementaire et perce des trous au hasard tant que l’effet de surprise se traduit encore en immobilité hagarde face à lui. La riposte, c’est comme la cavalerie, ça prend peut-être son temps au début, mais ça finit par débouler. Et à la limite, plus elle attend, plus les cris sont joyeux. Traduction : les quelque dix gorilles encore debout tentent joliment de lui redessiner la silhouette sur la porte refermée à coups de .38. Chrome ne prend pas son temps, ceci dit, et il n’y est déjà plus quand les balles reniflent l’endroit où il a apparu. Mais la rafale le suit comme une queue de plomb et sa vision paraît ralentir. Un vieux truc à lui, hérité de l’espace courbe d’Einstein – comme quoi, le point le plus rapide n’est pas toujours la ligne droite, à moins de pouvoir traverser une pluie de fer et en sortir vivant. Chrome est au milieu de la bande, son deuxième flingue dans sa deuxième main, celle qui tire au pif tandis que l’autre profite d’un œil pour cibler les plus coriaces, notamment la grosse bertha et son socle de viande. Souple, la panthère qu’est Chrome dégage une percée dans les rangs, ils sont maintenant huit à terre et quatre qui se tournent dans tous les sens pour trouver le gars en noir qui joue les moustiques mortels. Eux-mêmes portent une chemise blanche qui adopte le rouge pourpre qui fait fureur dans les salles de garde, à Tikal. Mais Chrome se planque derrière un corps et une moitié lui sert de rempart, histoire d’aviser la seule autre porte du coin. Problème : il y a trois molosses apeurés entre elle et lui. Chance : le demi-corps qui le cache plutôt correctement appartient au porte-bertha. Il lui faut moins d’une seconde pour insérer un doigt à la base du cortex, se connecter au réseau neuronal et prendre le contrôle du bras canon puis balancer un coup de fusil à éléphant qui fait valdinguer deux des gars et emporte carrément la moitié du troisième. En position de force, Chrome se relève lentement, s’approche du dernier des mohicans, figé dans sa glace de stupeur, appuie un tube d’acier sur son crâne et en disperse le contenu sur la marmelade de cadavre. Il inspire une gorgée d’ichor, se frotte les mains sur un morceau de chemise encore vierge, et pousse la dernière porte qui le relie au jour.

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