138. L’Ombre Portée De Liz

Son ombre pénètre dans la ruelle juxtaposée au bar. Un vrai coupe-gorge. Une artère bouchée, encanaillée, achalandée des faux jumeaux, faux cul-de-jatte, faux aveugles, faux manchots et fausses siamoises, toute la vérité du marché noir sur trois dizaines de mètres de pavage pornographique.

Son ombre claque des talons sur le trottoir du commerce souterrain, parallèle, diagonal, dans la ville où tout n’est qu’angle droit, où tout est non-expressionniste, au premier degré, l’angle à 90° dans la température de l’entre-tropique.

Son ombre entre dans l’interzone verticale de Sinhef Zone³. Et dans le noyau de tout Plan. Et dans l’intersection de la frustration, l’agaçante scrutation permanente de la veine interne.

Son ombre avance dans les rangs serrés, les couteaux s’étirent, les lames s’entrechoquent comme des crocs, le bruit de la mort rouge grince derrière les dos et dans les arrière-cours du miracle mais pas un des meurtriers de masse ne lève le doigt pour s’interposer entre sa destination et son ombre.

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