127. Pour Solde De Tout Compte

Dans les cahots de la route, Wier réfléchit. Cette petite scène chez le marquis était plaisante, mais la publicité qui lui est faite était-elle vraiment judicieuse ? En d’autres termes, valait-elle le prix qu’il en a retiré ? « Sans doute », se dit-il à nouveau. Car sa bourse est pleine et l’âme du marquis est de fort belle facture. Il pose les doigts sur l’acier, caresse les fines gravures, volutes et coups de fouet, flore et faune héraldiques, la panthère couchée dans une paradoxale attitude de combat, les reflets projetés par nul soleil de ce plan-ci, car il est vrai que, pour obtenir cette nouvelle arme, le Duc de la Peste a parcouru des distances vertigineuses, des kilomètres-Ford à la vitesse d’un carrosse cabossé, embobiné des amateurs de sataniaiseries, invoqué Lucifuge Rofocale dans un salon, conduit le maître de céans au bord d’un bosquet pour rencontrer le Seigneur en personne, grugé son monde et repris malgré tout la route avec son dû. Wier, champion du commerce forcé avec l’inventeur du troc.

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