117. Les Douze Heures De Chrome A Tikal : Cinquième Heure

Dégluti par une bouche inversée, Chrome déboule dans un couloir humide, suintant. Ça sent la chair brulée, pense-t-il. La bile, le vomis, l’ammoniaque, la couleur de la bilirubine. Chaque pas est une pincée de soufre dans ses poumons. Chrome, à la fois recraché et avalé dans les endoconduits du Waldorf, ici à Tikal prend une fois sur deux la bifurcation à gauche, et l’autre fois opte pour la droite.

Les boyaux succèdent aux escaliers dérobés, passages secrets, portes coulissantes, échelles de corde qui s’escamotent à la commande, leviers piégés, trappes et herses, des cages, beaucoup de cages, garde-mangers, salles d’armes, mini-zoos désaffectés mais puant toujours le fauve, aquariums glauques et collants d’une substance amère, des coudes et des dépressions, des murs luisants comme du corail et à la semblance du vivant, faisceaux optiques qui modifient les dispositions, cubes qui se déplacent, cellules qui sont en fait des passages, cul-de-sac tapissés de cartes partielles mêlant mensonge et ignorance, Chrome en son labyrinthe rejoue la valse des égarés.

Cette cinquième heure à la recherche de l’Informateur lui paraît longue comme deux vies entières, séparées d’une nuit opaque comme une paume.

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