102. Confessions De Madame Bathory I

«Vous comprenez, mon Père, ces… rumeurs sont purs mensonges. (Elle porte le verre à ses lèvres, aspire quelques gouttes carmin et laisse sa main flotter dans l’air.) On dénonce ma vanité, mais ai-je pu répondre de ces accusations devant un tribunal ? Oh, non… Quatre années, j’ai consacré quatre années de ma vie trop courte à l’étude de ces murs étroits. Pensez donc, j’ai personnellement, de ces deux mains, manié les aiguilles sur les cuirs les plus doux que vous connaîtrez jamais ; ces dents que vous voyez baignées du précieux liquide ont mordu et arraché la chair ; j’ai affamé, congelé, enlevé, torturé dans chacune de mes propriétés. (La comtesse ne peut empêcher un sourire.) Pour accomplir d’intéressants voyages, et ne point perdre de temps en route, mon carrosse contenait une chambre spécialement accommodée pour mes travaux personnels. Munie d’une trappe en son sol, afin de discrètement nous défaire des morceaux et ne nous en encombrer pas plus que de raison. Pensez-vous vraiment que même une femme de mon rang puisse atteindre un tel degré de perversité sans appui au plus haut niveau ? (La comtesse repose brutalement son verre sur l’accoudoir de son fauteuil, un mobilier inconfortable sur lequel je comprends qu’elle passe également ses nuits. Des heures bien sombres où elle ne dort point.)

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