039. Le Premier Satyre De La Colère-Serpent

Dans les couloirs de l’Hôpital. Le soleil oblique par les fenêtres, ricoche sur les parois laquées et recroise ses fréquences le long des plinthes. Cet enfant, en robe bleu vert ouverte derrière, attachée dans le dos, marche pieds nus sur les carreaux. Il y a quelque chose en ruine dans son visage. Une petite fille l’accoste, il l’écarte gentiment du revers de la main et continue sa promenade. La passagère de ses ondes personnelles brouille les pistes, le garçon est branché sur les parasites des débuts et des fins. Il voit les vibrations, les terrifiantes circonlocutions des monstres, leurs entrailles, tous ces tubes qui se tortillent, la poussière qui vit, le soleil qui révèle tout cela dans sa danse toujours oblique. Le garçon traverse le spectacle, absent à son indifférence, ses yeux fixés hagards sur la misère de sa propre digestion. Sa douce dérive délicate appesantit ses hume-pistils, engendre la honte, engendre la peur de perdre et celle de gagner, engendre la disparition dans le regard des autres, et même cette petite fille qui me parle ne sait pas à qui elle s’adresse. Je suis Nile, je suis le virus qui mute, je suis la colère-serpent qui change de peau sous le regard désquamant des lampes à acétylène.

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