015. Les 3 Vies de Glass

Tim S. Glass cachait mal sa triple personnalité.

Un : l’odeur des marais, la molle quintessence, l’âge des consanguins, des batteries de batraciens, mare, vase, aube glauque, tessons de bouteilles dans les zones d’accouplement, musées morts où s’abreuvent les narvals au rythme de la tyroïde qui s’estompe.

Deux : sur le fil de l’autre police, la semblance de l’homme, un visage issu de la glaire, Tim lui donne tête – acte sexuel horrifique – la jonction du concave et du totalement autre – Organs From Outer Space, prochaine incarnation du chef opérateur de Nile Rossetti – la survivance de saint Matthieu, le thorax défoncé sous la poussée interne des nuées de la Grande Démence.

Trois : le véritable empereur des griffes et des crocs, l’ultime avatar des fouets à neuf queues, le Familier, assis à la droite du Dieu Mauvais, le mage des âmes mortes, le dieu cornu, le passeur d’esprits-souris, le pont sur le fleuve, l’oubli des mânes, le pouvoir de l’Est.

Tim S. Glass, de sa voix rauque, invoque les trois qui ne font qu’un, et, invisible (et sage), inspecte la paire de ciseaux sur la table de sa salle à manger. Le magnétophone déglingué, ouvert, répandu, aphone ; les coupures de journaux ; les téléviseurs, dont deux éventrés et quatre qui crachent, obèses, vêlent, pleins, la sanie qui le maintient éveillé.

Tim S. Glass, aussi, autre part, quitte ses vieux vêtements, endosse son uniforme, referme les boutons d’os sur ses tripes, cuissarde, le latex et le velours, descend dans l’arène inspecter ses soixante et six légions monstrueuses, dans la nuit d’eau qui remplit les interstices, laissant derrière lui, en gage auprès du mont-de-piété du Diable, un sac d’ossements encore tuméfiés, l’arpenteur de cheminées buccales, croque-mitaine et fée-des-dents, électricité, Ecole mécanique de l’armée, dans les pièces de boucherie où la lumière faiblit, poussée dans les recoins par la fréquence vocale de la douleur.

Une Réponse vers “015. Les 3 Vies de Glass”

  1. […] Les 3 Vies de Glass By 1000morts Post numéro 15, basé sur le portrait d’un démon dans le Pseudomonarchia Daemonum de Johann Wier – auteur qui […]

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