En ces couloirs où seule la lumière-fée peut jaillir, tel est North, figé dans sa stupeur et l’enchantement né d’une mort ensemencée une seconde trop tôt.
254. Vision De North Dans La Lumière-Fée
Posted in poison avec des tags north on novembre 8, 2009 by 1000morts253. Le Syndrome D’Euryale II
Posted in sexe avec des tags euryale, glass on novembre 7, 2009 by 1000mortsGlass nourrit des soupçons. Son éducation chez les jésuites n’a pas laissé de traces que sur sa peau de Rouquin. L’homme a des lettres, et sa passion pour les coucheries gréco-romaines lui sert aujourd’hui à autre chose qu’à emballer des ‘premières années’ naïfs. Il y a une dimension, une facette à ce regard qui le paralyse. Il n’y lit pas de perversion morale – plutôt une absence totale de morale ; pas plus de de perversion intellectuelle : seul l’animal s’ébroue au fond de cette double rétine sauvage. Perversion sexuelle : ses souvenirs tiltent comme un flipper en extase. Elle est soeur des aveugles à l’oeil unique, des nombreux monstres de l’eau ; soeur des fleuves de serpents, des scènes de baise sur l’autel, du courroux et de la lie. Elle lui fait face, plongée dans l’ombre chaude d’un cyprès. Dans ce parc où nul passant ne semble vouloir prendre pied. Ce parc trop sombre qui paraît refermé sur lui-même, comme d’une façade creuse à l’abri des mutations. “Tu es à moi, entend-il. Et tu le sais.”
252. Le Doux Poison Des Dards Cachés – Deuxième Type
Posted in poison avec des tags rossetti on novembre 6, 2009 by 1000mortsPutain le mec a surgi d’un coup juste le temps de filer sous le lit et de passer le rideau pour me cacher derrière le macchabée. Une seconde plus tard il est là, pas moyen de le voir mais je le sens qui s’approche du lit, son bras se déplie et sa main s’ouvre modifient l’étroit équilibre des ondes alpha, par habitude des procédés de Notre-Dame-De-La-Douleur je vois une chose que l’homme ne peut capter, quelque chose qui s’enfonce dans sa main et se retire plus rapidement encore, quelque chose décoché à travers le drap au niveau du bas-ventre et rétracté aussitôt. L’homme n’a pas vu le dard qui vient de l’empoisonner. Il devrait tomber dans trois, deux, une…
251. Le Syndrome D’Euryale I
Posted in calcification avec des tags euryale, glass on novembre 5, 2009 by 1000mortsGlass sort de l’immeuble pour se jeter dans la foule comme une épaule démise. Il mâchonne les mots qu’il avale et régurgite, ça lui laisse un sale goût de bile au fond de la gorge. Il se sent d’humeur chiroptère, les passants sont fontaine de sang, pistils gorgés, il doit s’asseoir quelque part, avise un parc caché derrière une antique porte de pierre blanche et s’assied sur l’unique banc libre de deux.
Glass transpire terriblement, malgré le froid, la neige. Il a son propre soleil de honte prêt à carboniser la Terre.
Perdu dans ses pensées, celles soufflées par le fantôme de la fille en noir, il sent une pression sur son crâne baissé. Des doigts manipulent son lobe frontal. Un moiré frange-pie se pose sur son genou. Il relève la tête et capte un double faisceau braqué sur lui, deux iris d’émeraude qui le fixent avec la vulgarité d’une plante carnivore, et le clouent sur place. Son sang se solidifie. Ses muscles deviennent de l’os.
Glass est pris au piège.
250. North S’Approche Du Corps Effondré – Premier Type
Posted in disparition, maladie avec des tags north on novembre 4, 2009 by 1000mortsNorth s’approche du corps effondré. Il ne saigne déjà plus. Il était presque sec, pense-t-il : la multiplication des réels épuise les globules rouges. North enjambe l’amas et remplit l’espace qui le sépare de la porte. Chambre 249, où bruissent les flammes bleues d’un tube cathodique. Verre dépoli. Il est peut-être possible de voir sans ouvrir. Risque : être vu avant de voir. North court le risque, plaque son visage sur la porte et ne distingue d’abord rien qu’un halo. Un téléviseur près du plafond, sur la droite, projette ses lueurs sur un lit à gauche. Des appareils, bien sûr ; un rideau tiré coupe la pièce en deux, dans la longueur. Ses yeux commencent leur mise au point ; il y a une masse sur le lit, quelque chose de plus entassé qu’une simple couverture dérangée. Un homme, ou une femme, assis en tailleur. Non. Les genoux repliés et le menton appuyé dessus. Ne bouge pas. Si, il/elle initie un mouvement, les genoux se déplient, la forme paraît fondre – elle se laisse tomber sur le côté, North pousse la porte et fonce, juste le temps de voir la forme disparaître sous le lit – il plonge mais l’espace est vide. Vide de gens, en tout cas, car tout le mécanisme de levée y est. Juste de quoi se faufiler – de l’autre côté ; North se relève, roule sur le lit et écarte violemment le rideau : une autre forme, complètement recouverte par un drap, avec des tuyaux qui en sortent et d’autres qui s’y enfoncent, des machines qui clignotent, des lignes qui sautent irrégulièrement. North avance la main – et recule, sa peau hérissée par un contact d’araignée venimeuse.
249. Deux Corps, Une Chair
Posted in demembrement avec des tags messaline, syphilis on novembre 3, 2009 by 1000mortsDerrière la porte, elle sent la peau pulser contre sa pulpe, cette métallique engeance qui la poursuit. Ce pourraient être Syphilis et son goût de mercure, le vif-argent qui roule en sphères tout au long de sa veine-cave. La nuit s’efface à la pression des hommes ailés : elle plaque son corps contre la porte, optimisant la surface de chair sur l’épiderme d’acier, et tout ça palpite comme un couteau de boucher.
248. Lenteur De Notre-Dame-De-La-Douleur
Posted in disparition, maladie avec des tags north, rossetti on novembre 2, 2009 by 1000mortsCet homme hors de ma chambre, il a franchi les lignes de démarcation du temps et le voilà à Byble, moi à peine sorti de ma campagne, encore ensanglanté des avancées noctures et des attaques-surprises, l’odeur de l’incendie toujours, cette noirceur de la peau qui ne partait pas, couché dans mon lit dans l’obscur, les genoux relevés sous la couverture, la tenue à damier ouverte dans le dos, et le froid, la neige qui claque à la fenêtre comme une varicelle, la télé aphone qui gémit sur son socle, illumine ma ténèbre d’un aplat mouvant.
Les ombres bougent dans les couloirs ; bientôt, elles retourneront chez elles, amputées ou guéries, retourneront vers la mort lente. Moi je reste ici, fossilisé dans la compagnie des murs creux. Et de cet homme, là dehors. Sa silhouette grandit sur la porte de verre dépoli. Elle part du sol, son ombre portée, grimpe à toute vitesse jusqu’à ce que son vrai contour s’y superpose. Son regard perce la pellicule de sable, il me cherche.
247. De L’Art D’Ecrire Avec Sa Cervelle
Posted in meurtre avec des tags north, waldorf astoria on novembre 1, 2009 by 1000mortsLorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur le second étage, North débouche droit dans un couloir d’hôpital. Devant chaque porte, un flic est assis, le même partout, sa casquette lusiante vissée sur le front, ses yeux, invisibles, semblent braqués sur le magazine de mots croisés endormis sur ses genoux. Chaque porte est elle-même identique, avec son guichet derrière une petite grille pivotante et son numéro 213. Un instant, North perd pied, vacille poussé dans le dos par le vide et ses yeux se révulsent et son oreille interne change de pôle pour se fixer sur l’extrême-centre. North dans son couloir de miroirs infinis, hésite, se reprend et joue la simplicité. Avance vers la première porte qui vient dézingue le condé sur sa chaise pliante et éparpille sa sciure corticale sur le damier. Deux fois né, il n’a jamais vu le jour, en sept lettres.
246. Deux Yeux, Un Iris
Posted in demembrement avec des tags chrome on octobre 31, 2009 by 1000mortsDerrière la porte, il sent la peau pulser contre sa pulpe, les boucles obscures rouler sur les épaules, la danse des crocs affamés et des doigts pointus, le réel qui se déchire tout au long des griffes et des anneaux gastriques, et la prunelle de ses yeux, cette prunelle unique qu’ils se partagent, en leur laideur.
245. Les Chants Des Engoulevents
Posted in reproduction avec des tags rossetti on octobre 30, 2009 by 1000mortsNile et ses Dynasties parthénogénétiques, l’appareil digestif du Parti, cyanure imbibé, la cartographie de ses déviances dessinait des continents du meurtre. Se développaient comme un papier buvant l’eau rougie, un Rorschach s’extirpant de sa chrysalide de chiffon, l’âme du défunt revenue d’entre les morts pour être bouffée par le premier engoulevent venu, l’enviol des oiseaux affamés sur les toits à pignons, attendent leur heure car elle vient toujours.
Nile et ses Dynasties protoplasmiques, partent du monocellulaire pour atteindre à la perfection minérale, la pureté du sang, les mariages à l’intérieur du giron, de la meute, la descendance qui, effectivement, descend. Chute dans les escaliers. Et perd tout son fluide dans les cataractes des cathédrales consanguines.